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16
août 2007
Ma deuxième année d'école
Ma deuxième année d'école fut un peu meilleure que la première. Il faut dire que cette fois-ci, je suis tombée sur une maîtresse plus gentille, plus compréhensive, moins impatiente et plus aimante des enfants. Et plus vieille, aussi... un peu comme une grand-mère pour nous. C'était Madame L. et grâce à elle, l'école m'a paru un peu moins triste et un peu moins opprimante.
Oh bien sûr, je n'étais pas devenue beaucoup plus bavarde. Pendant longtemps je n'ai parlé à personne d'autre qu'à ma mère. Puis j'ai parlé un peu à mon père, à mon frère, et à mes grands-parents, mais jusque vers quatre ou cinq ans j'étais plongée dans un mutisme quasi-complet. J'en garde encore quelques traces aujourd'hui, je suis toujours un peu sur la réserve, et je ne suis pas très volubile. Mais ça ne dérange pas ma vie. Alors que toute petite, ça ne m'aidait vraiment pas à me faire des amis. D'ailleurs, à cette époque dont je vous parle, des amis, je n'en avais aucun. A part mon nounours que je ne lâchais jamais, et qui me suivait partout, y compris à l'école. Grâce à lui, je n'allais pas en classe à reculons.
Ma mère m'avait définitivement retirée de la cantine, ayant compris qu'il n'y avait rien à faire pour que j'y avale quoi que ce soit, si ce n'est un peu de lait. Alors elle arrangeait son emploi du temps, elle rentrait exprès pour moi le midi, pour qu'on mange ensemble, à la maison. Chère Maman, je te remercie pour tout le mal que tu t'es donné !
Avec Madame L. les journées étaient agréables. Elle ne s'embarrassait pas trop des programmes officiels, elle nous faisait la classe comme elle le sentait, avec toute son expérience. Je me souviens qu'elle nous réunissait souvent sur le tapis, et là on chantait des chansons. Je me rappelle surtout d'une chanson où il était question d'un maçon qui construisait une maison, et à la fin la maison s'écroulait lol il fallait tout recommencer, et la chanson reprenait du début :) J'aimais bien la chanter, celle-là. Enfin, "chanter" est un bien grand mot en ce qui me concerne... disons que je murmurais tout bas.
A part ça, les activités auxquelles on se livrait en classe étaient un peu les mêmes que partout ailleurs, qu'on soit en Bosnie, en France ou au Zimbabwe, je suppose... Du dessin, de la peinture, de la pâte à modeler... La pâte à modeler c'était sympa, mais je préférais le fusain. Je me souviens tout particulièrement d'une formidable fabrication que nous avions réalisée en l'honneur de je ne sais quel évènement : une petite statuette en plâtre. Je me revois encore au fond de la classe, avec Madame L. qui me montrait les différentes couleurs possibles et me disait d'en choisir une. Et j'avais choisi... le blanc. J'étais bien la seule ! Vu que le plâtre, à la base, c'est blanc, la peinture blanche n'avait pas grand intérêt. Oui, mais moi ça me plaisait. Avec le recul je me dis que ça aurait été mieux en bleu. Enfin maintenant il est trop tard :)
Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, la principale originalité de notre maison, c'est qu'elle se trouvait tout juste à côté de l'école. Tiens c'est pas dur : entre notre jardin et la cour de récréation, il y avait juste un petit grillage. Alors ce que j'adorais, moi, c'est les jours où mon père ne travaillait pas et bricolait dans le jardin. Comme ça, pendant la récréation, je venais le voir, et lui il me faisait coucou tout content, car ça lui plaisait également. Alors les autres enfants étaient très surpris, ils venaient me voir en demandant : "C'est ton père ? Tu habites là ?" Et moi je répondais oui de la tête, toute fière d'habiter ici, et toute fière que ce fût mon père. Eh oui, quand on est enfant, il ne faut pas grand chose pour être fier...
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Commentaires
Coucou Dzana !
Ca rime avec me revoilà ^^
Je ne me souviens pas des noms de tous mes instituteurs, ni même de mes profs, sauf si bien sûr, pour mes profs, je faisais un effort de concentration sur la question ! Seulement je n'ai pas envie ! L'esprit fait son tri entre ce qui compte et ce qui compte moins :-D
Tout ça pour dire qu'il y a des enseignants qui nous marquent de façon plus ou moins agréable, mais ne se font pas oublier. Il y a deux professeurs qui feront toujours partie de ma vie : l'une a été "ma" prof de biologie en 5è, au collège, son fils est devenu mon meilleur ami, et elle une amie inconditionnelle. Son fils et moi avons eu notre bac L la même année, il est venu m'en féliciter accompagné de ses parents, et depuis on n'a pas cessé de se fréquenter et nos familles de s'inviter le dimanche. Sa mère et moi discutions toujours à bâtons rompus, nous étions insatiables et je crois que chacune voyait en l'autre l'occasion de s'exprimer (véritablement) sur des sujets fondateurs de notre psychisme, de notre rapport au monde, de notre humanisme etc.
Un dimanche où nous étions invités à déjeuner chez eux, son fils a dit à table : "Tu es la fille que ma maman a toujours rêvé d'avoir !" . Ca m'a bien sur embarrassée vis-à-vis de ma mère, et en même temps flattée. Une relation pareille je n'aurais jamais osé en rêver. On peut discuter de TOUT avec Michèle, et j'ai discuté de quasiment tout avec elle. Elle a répondu ce jour-là : "Sylvia, est un diamant brut, je l'ai toujours su, il y a juste un peu de poussière à retirer ça et là".
Jamais on n'avait parlé de moi en des termes aussi élogieux ! Je ne savais plus où me mettre ! Il y a des gens qu'on complimente sans arrêt, à qui on trouve toujours une qualité à souligner... les amis et la famille chez qui nous amenait ma mère c'était plutôt : "elle devrait mettre un peu d'eau dans son vin", "elle doit apprendre à ne répondre aux adultes comme elle le fait", "elle est trop rosse"... Même si je dois avouer que contrairement à toi je n'ai jamais eu ma langue dans ma poche et que très tôt je disais déjà : "Le respect, qu'on soit adulte ou enfant ça se mérite et ça n'est pas à sens unique !"... Je ne te raconte pas les torgnoles que je me prenaient :-D
Même avec le recul, vu les "amis" et la famille que nous côtoyions plus jeunes, il était normal que je leur sois réfractaire ^^.
j'ai écrit beaucoup -__-'... Je finis en te parlant brièvement de la deuxième prof qui me marquera à vie, et dont la fille est également devenue une très proche amie : il s'agit de ma prof d'anglais de terminale. Cette femme est un bijou dans une journée lycéenne, et un pur bonheur à côtoyer en dehors :-) Elle n'a jamais élevé la voix sur qui que ce soit d'entre nous, elle ne se faisait respecter que par le respect qu'elle porte à ses élèves, à sa profession qu'elle exerce par vocation, et tout simplement à l'individu. Elle aime les gens. Elle ne s'en cache D'ailleurs au lycée, et à la fac maintenant, comme chez elle, elle reste d'une disponibilité et d'une générosité telles qu'en partant on a envie de la prendre dans nos bras. C'est ce que j'ai fait la dernière fois que je l'ai vu :-D
Bon,
Je reviendrai, tu devras t'y habituer ^^
Bisous,
Sissi
Lol
J'ai fait une bourde, j'ai actualisé la page, pour voir si tu avais répondu, et malheur ça a réédité mon commentaire.
Je ne sais pas comment ça se passe et si tu peux faire des suppressions de commentaire, mais je pense que ça doit être possible !
Bisous !
P. S. : quelle horreur ! Je me suis endormie, et je me suis réveillée il y a peu ! Je crains pour demain ! :'(
Bisous :)
Sissi
Bonjour Sissi,
Pas de probleme pour le doublon de commentaire, j'ai supprime le doublon ;) Et puis c'est un bug qu'il faudrait que je corrige, un jour...
Merci pour ce nouveau commentaire. L'ecole a du bon, quand on a la chance d'avoir des professeurs humains qui aiment leurs eleves...
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